Le fustier, artisan spécialisé dans le travail du bois brut et la fabrication de futailles, de cuves ou de pièces en bois massif, connaît un regain d’intérêt remarquable. Ce savoir-faire ancestral, longtemps relégué au second plan par l’industrialisation, retrouve aujourd’hui une place de choix dans les filières artisanales, viticoles et même dans la construction écologique.
Entre transmission des gestes traditionnels et adaptation aux exigences contemporaines, le métier de fustier séduit une nouvelle génération d’artisans soucieux de travailler des matières nobles et durables. Les formations se multiplient, les commandes affluent, et les professionnels du secteur peinent parfois à répondre à la demande.
Master-environnement.fr fait le point sur ce métier en pleine renaissance, ses débouchés, ses formations et les raisons d’un retour aussi remarqué.
Sommaire
- Le fustier, un métier ancestral né au cœur du Moyen Âge
- Nicolas Aufranc, 38 ans, se reconvertit en fustier passionné
- Salaires et perspectives économiques du métier de fustier en France
- Se former au métier de fustier : quelles voies concrètes aujourd’hui ?
- Le métier de charpentier en bois rond connaît un regain d’intérêt porté par les réseaux sociaux
- Pourquoi la pression de ton chauffage monte anormalement
Le fustier, un métier ancestral né au cœur du Moyen Âge
Le mot « fustier » trouve ses racines dans le terme « fust », signifiant bois ou pièce de bois. Sa première apparition remonte à 1080 dans La Chanson de Roland, et le verbe associé « fuster » désigne simplement l’action de travailler le bois.
Au Moyen Âge, ce terme regroupait une grande variété de professionnels du bois :
- Charpentiers
- Tonneliers
- Tourneurs
- Menuisiers
Ces artisans s’organisaient parfois en confréries, comme cela fut le cas à Valréas, en Comtat Venaissin, ainsi que le documente Jacques Chiffoleau dans ses Mélanges de l’École française de Rome (vol. 91, 1979).
En 1782, l’Encyclopédie Méthodique de Vicq-d’Azur et d’Alembert précisait qu’en France, le fustier pouvait aussi désigner un ouvrier coffretier-malletier-bahutier, assemblant plusieurs douves à l’aide d’une masse.
« Dans la région genevoise, selon le Nouveau Glossaire genevois de Jean Humbert (1852), le fustier était avant tout un marchand de planches, de chaux et de gypse. »
Dans le midi de la France, au milieu du XIXe siècle, le terme désignait plus simplement un charpentier, illustrant ainsi la diversité régionale de ce métier à travers les siècles.
Nicolas Aufranc, 38 ans, se reconvertit en fustier passionné
Nicolas Aufranc, ambulancier pendant 15 ans à Ambulance Région Bienne, a décidé de se tourner vers le métier de fustier, spécialiste de la construction en rondins de bois. Basé à Orvin, il souhaite faire de cette activité son métier à temps plein, tout en conservant un poste à 50 % dans son ancienne profession.
Le travail de fustier consiste à tronçonner, construire et assembler des rondins de bois pour construire des structures solides et durables. En Suisse, ce métier n’est pas encore officiellement reconnu et aucune formation spécifique n’y existe, ce qui oblige les candidats à se former à l’étranger pour acquérir les compétences nécessaires.
Nicolas Aufranc cite notamment la construction de maisons en rondins comme exemple emblématique d’une technique largement sous-estimée.
« Le bois est un matériau extrêmement performant. »
Il insiste sur l’importance de valoriser le bois local face à l’importation massive et aux enjeux posés par le réchauffement climatique. Sa reconversion illustre un mouvement plus large de retour vers des métiers traditionnels, réinterprétés à travers une vision moderne de la construction durable. Des entreprises spécialisées comme DM Couverture sont le résultat également de cet engouement croissant pour les savoir-faire artisanaux liés au bois et à la charpente.
Salaires et perspectives économiques du métier de fustier en France
Le fustier s’inscrit dans la grande famille des ouvriers du bâtiment, dont les rémunérations fluctuent selon l’expérience et la région. Le salaire moyen d’un ouvrier du bâtiment est de 21 877 € brut par an, soit environ 1 823 € par mois, avec un salaire médian estimé à 22 750 € brut annuels.
La progression salariale selon l’expérience est significative :
- Sans expérience : 18 595 € / an
- Junior : 19 689 € / an
- Confirmé : 25 158 € / an
- Senior : 29 096 € / an
Les disparités régionales restent modérées, comme le montre le tableau ci-dessous :
| Région | Salaire mensuel médian brut | Salaire annuel médian brut |
|---|---|---|
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
| Corse | 1 980 € / mois | 23 760 € / an |
| Outre-Mer | 1 901 € / mois | 22 812 € / an |
| Île-de-France | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
| Centre-Val de Loire | 1 859 € / mois | 22 313 € / an |
| Pays de la Loire | 1 848 € / mois | 22 185 € / an |
| Bretagne | 1 890 € / mois | 22 686 € / an |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
| Hauts-de-France | 1 824 € / mois | 21 888 € / an |
| Bourgogne-Franche-Comté | 1 848 € / mois | 22 185 € / an |
| Occitanie | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
| Grand Est | 1 848 € / mois | 22 185 € / an |
| Nouvelle-Aquitaine | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
| Normandie | 1 823 € / mois | 21 877 € / an |
Pour mieux situer ces rémunérations, voici une comparaison avec d’autres métiers du BTP :
- Manœuvre BTP : 21 877 € / an
- Manœuvre TP : 22 440 € / an
- Terrassier : 22 768 € / an
- Aide maçon : 23 800 € / an
La Corse affiche le salaire médian le plus élevé avec 23 760 € brut annuels, soit près de 2 000 € par mois, ce qui en fait la région la plus rémunératrice pour les ouvriers du bâtiment, catégorie dans laquelle s’inscrit naturellement le fustier.
Se former au métier de fustier : quelles voies concrètes aujourd’hui ?
En France, la formation au métier de fustier reste encore peu institutionnalisée, mais plusieurs structures commencent à combler ce vide. L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble propose des modules orientés vers la construction bois, tandis que des organismes comme le CNDB (Comité National pour le Développement du Bois) soutiennent activement la structuration des filières artisanales liées au bois massif. Des stages pratiques intensifs, souvent dispensés par des fustiers expérimentés en activité, constituent aujourd’hui la voie la plus directe pour acquérir les gestes techniques fondamentaux.
Pour devenir fustier en France, la formation passe encore majoritairement par des apprentissages informels, des stages à l'étranger, notamment au Canada ou en Scandinavie, et un compagnonnage auprès de praticiens confirmés.
Les pays nordiques et le Québec font figure de références incontournables dans ce domaine. Voici les principales destinations plébiscitées par les candidats à la reconversion :
- Canada (Québec) : formations certifiantes en construction en rondins
- Norvège et Suède : tradition vivante du bâti en bois massif
- Autriche : centres de formation en charpente et bois rond
- Allemagne : apprentissage dual intégrant les techniques de fusterie
Cette dépendance aux formations étrangères pousse aujourd’hui plusieurs acteurs français à réclamer une reconnaissance officielle du métier, à l’image de ce qui existe déjà pour le charpentier ou le menuisier. La création d’un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) dédié à la fusterie est régulièrement évoquée dans les discussions de branche, ce qui témoigne d’une dynamique de structuration encore en cours mais bien réelle.
Le métier de charpentier en bois rond connaît un regain d’intérêt porté par les réseaux sociaux
Longtemps confidentielle, la charpente en bois rond séduit une nouvelle génération d’artisans et de reconvertis. Jean-Charles Chatelus, ancien juriste devenu co-créateur d’une coopérative spécialisée, illustre ce phénomène de reconversion vers un savoir-faire ancestral. La médiatisation du secteur via les séries télévisées et les réseaux sociaux est identifiée comme l’un des principaux facteurs de ce regain d’intérêt.
Le métier repose sur des techniques précises, parmi lesquelles la coupe à la lune croissante en hiver, pratique traditionnelle visant à optimiser la qualité du bois. Les constructions emblématiques du secteur comprennent les fustes, ces bâtisses en rondins non sciés typiques des chalets alpins, mais le domaine s’étend également à la construction navale. On recense aujourd’hui une quinzaine d’entreprises spécialisées en France.
Pour accéder au métier, deux formations sont principalement identifiées :
- Le BP Charpentier bois
- Le Bac pro Technicien constructeur bois
Pourquoi la pression de ton chauffage monte anormalement





